Inspiration

Éviter l'absentéisme dans votre organisation ? Mesurer, c'est savoir !

Fin juin 2020, 460.000 travailleurs étaient en absence de longue durée dans notre pays. Ce nombre augmente chaque année, avec une hausse de pas moins de 130 % depuis 2000. Bien que le coût de l'absentéisme soit difficile à calculer, les conséquences pour votre organisation sont significatives. Étant donné que le remplacement du collaborateur exige plus de temps et de ressources, il n'y a pas que le coût de l'absentéisme qui va augmenter. La prévention gagne elle aussi en importance. Nous nous sommes entretenus avec Cédric Velghe - chercheur et managing partner de The VIGOR Unit, une spin-off de l'Université de Gand - sur l'absentéisme, le rôle de la prévention et l'importance de se tenir informé de l'évolution de la situation.

 

 

Une vision holistique de la santé est indispensable

La lutte contre l'absentéisme commence par une bonne connaissance du concept de bien-être. « À l'origine, l'accent était surtout mis sur le bien-être physique, la satisfaction et le stress », explique Cédric Velghe. « L'histoire récente et la crise du coronavirus ont provoqué une importante prise de conscience à cet égard. On prend en effet de plus en  plus conscience que le bien-être mental et social au sens large est tout aussi important. Pensez par exemple à l'épanouissement personnel ou au sentiment d'appartenance à une communauté. Je constate que de nombreuses organisations sont encore relativement peu familiarisées avec ces autres aspects du bien-être. »

Il faut aussi oser regarder au-delà de la situation professionnelle du travailleur, estime Cédric : « Le niveau de bien-être de votre organisation passe aussi par une enquête sur la sphère privée et le mode de vie de vos collaborateurs. Parce que le bien-être général dépend à la fois de circonstances privées - des facteurs sur lesquels l'employeur a souvent peu de contrôle - et de facteurs liés au travail. »  

 

Enquêtes formelles et récurrentes

Tout cela est bien beau, mais qu'est-ce que cela signifie dans la pratique ? En tant qu'organisation, comment suivre (l'évolution de) la situation ? « Cela peut paraître démodé, mais je recommande une étude quantitative sous la forme d'une enquête formelle auprès du personnel. Cela reste un des moyens les plus efficaces pour avoir une vue d'ensemble du niveau et des risques en matière de bien-être dans votre entreprise », conseille Cédric. « Attention, il ne faut pas le faire de manière ponctuelle, il doit s'agir d'une action récurrente. Ce n'est que lorsque vous lancez des enquêtes périodiques que vous pouvez faire des comparaisons significatives, identifier des tendances ou avoir une idée de la façon dont elles sont liées à d'autres indicateurs de performance clés. »  

 

Prévention primaire et secondaire

Une telle enquête permet surtout de dresser l'inventaire des besoins en termes de prévention primaire et secondaire.  « La prévention primaire consiste à prendre une série de mesures pour éviter d'exposer vos collaborateurs à des risques liés au bien-être », explique Cédric. « Pensez aux efforts en matière d'ergonomie et de sécurité, mais certainement aussi aux moyens d'éviter une charge mentale excessive ou des problèmes émotionnels. » Un feedback régulier, une plus grande autonomie, des objectifs clairs et des formations suffisantes en sont de bons exemples, selon le chercheur.

« La prévention secondaire porte quant à elle sur l'aide individuelle aux collaborateurs qui présentent déjà certains symptômes. Ces personnes ont besoin d'une approche différente et personnalisée. En donnant des conseils sur l'alimentation, l'exercice physique et l'hygiène mentale, vous pouvez par exemple les aider à améliorer leur mode de vie », explique-t-il. « Nous constatons également que les interventions primaires restent trop peu nombreuses. Ce qui n'a rien de surprenant puisqu'il faut bien souvent adapter le contexte et le contenu du travail. C'est plus compliqué que d'organiser un cours ou un événement. »  

 

Les mesures quantitatives sont-elles suffisantes ?

Une analyse quantitative est un bon début, mais selon Cédric, elle peut être complétée par une étude qualitative afin de donner plus de contexte à certains résultats chiffrés.  « Les groupes de discussion, par exemple, sont une excellente initiative », explique-t-il en guise d'illustration. « Il s'agit d'entretiens axés sur la qualité et qui réunissent un échantillon représentatif de vos collaborateurs. Ils vous permettent d'identifier les besoins ou les problèmes sous-jacents  et de définir ensemble un ensemble de propositions pratiques. Le sentiment d'implication des collaborateurs est en effet souvent décisif. »
Vous pouvez également associer les données tirées de l'enquête à d'autres données organisationnelles. Pensez au lien avec les chiffres de l'absentéisme, mais aussi de la rotation du personnel. Vous pouvez donc tester statistiquement les causes potentielles de l'absentéisme ou de la rotation. Une étape supplémentaire consiste à développer des modèles prédictifs afin d'évaluer l'évolution probable de l'absentéisme dans les mois à venir.

 

Des données à l'action

Les données ont donc une importance incommensurable. C'est pourquoi The VIGOR Unit a participé à l'élaboration de My WellRi d'AG Health Partner. Pour Cédric, de tels outils basés sur des éléments probants sont essentiels pour analyser correctement le bien-être au sein d'une organisation. « Les questions ont été établies conformément aux exigences légales en matière d'analyse des  risques psychosociaux, mais nous allons au-delà de ce cadre afin d'assurer un suivi de tous les facteurs importants, comme la résilience ou encore la façon dont les travailleurs occupent leur temps libre », explique-t-il. « Mais il ne suffit évidemment pas de mesurer. Tout l'art consiste à se servir des chiffres d'une telle enquête pour agir. Autre élément tout aussi important : impliquez vos collaborateurs dans les résultats et prenez ensemble les décisions nécessaires en élaborant un plan d'action. Sans quoi, ils auront l'impression que l'enquête était une perte de temps, ce qui peut avoir un impact négatif sur l'ensemble de votre politique de bien-être et des initiatives connexes. »

 

Vous voulez en savoir plus sur les requêtes récurrentes ? Trouvez l'inspiration grâce à My WellRi !

Vous vous intéressez aux causes, à l'impact et au coût de l'absentéisme ? Téléchargez notre white paper L'absentéisme en Belgique pour en savoir plus.