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Comment faire de la communication non violente une habitude dans votre entreprise ?

Lorsque les managers et les collaborateurs d'une entreprise découvrent pour la première fois le modèle de communication non violente, ils ont généralement tendance à se dire : c'est si simple. En bref, les gens apprennent à parler en 4 phrases : « quand je vois que » ... « alors je me sens » ... « parce que j'ai besoin de » ... « Pourrais-tu s'il te plaît » ... Mais alors comment se fait-il que la communication non violente reste si compliquée pour certains managers ? Els Van Beveren, experte dans ce domaine, nous donne quelques conseils pour en faire une habitude !

 

Briser les schémas de pensée automatiques

La principale raison pour laquelle la communication non violente constitue un tel défi ? « Nous retombons tellement facilement dans nos schémas de pensée automatiques », explique Els. « La communication ne s'apprend pas consciemment pendant l'enfance. Nous reproduisons les réactions de nos parents et nos proches pour gérer les conflits et les émotions. »

Selon Els, un mode d'expression différent, plus respectueux et plus efficace, nécessite un espace intérieur : « Nous devons pouvoir appuyer sur le bouton pause, nous détacher de la réaction et choisir consciemment à chaque fois de parler sans jugement ni reproche », précise-t-elle. « Selon sa propre expérience, je veux dire. Se concentrer sur les besoins de l’un et de l’autre. Et ce, au lieu de ce qui n’est pas fait correctement de part et d’autre. Cette approche stimule la connexion et renforce l'énergie vitale. Assumer la responsabilité de ses propres émotions donne un sentiment de contrôle intérieur et de liberté. L'autre n'est pas responsable de ce que tu ressens ! »

 

Se développer pendant le processus d'apprentissage

Selon Els, plus notre cerveau est habitué à activer ces connexions, plus il devient facile de réagir avec compassion. « C'est ainsi que fonctionne l'apprentissage, de sorte que la communication non violente peut également devenir une habitude. Il s'agit de éprogrammer » notre cerveau à choisir l'empathie. Le principe est le même que pour se brosser les dents ou conduire une voiture, mais en plus sophistiqué. Dès que nous prenons conscience de ces schémas de pensée automatiques et qu'on s’exerce à des alternatives, nous créons une liberté de choix. »

C'est un fait incontestable : nous pouvons déterminer nous-même ce que nous pensons et ressentons ! Avec à la clé une meilleure qualité de vie. « Et comme pour tout autre processus d'apprentissage, nous pouvons nous approprier cette façon de communiquer avec beaucoup d'auto-empathie », estime Els.

 

Entraîne-toi quotidiennement avec ce conseil

Quel que soit l'apprentissage, le même principe s'applique : c'est en forgeant qu'on devient forgeron. Ainsi, Els a une astuce pour communiquer de manière non violente. « Pensez à une expression ou un mot d'usage courant qui aspire une partie de votre énergie vitale », recommande-t-elle. « Songez par exemple au verbe devoir. Faites attention quand vous utilisez ce mot et remplacez-le par un autre comme vouloir ou pouvoir. À quel besoin répondez-vous en réalisant l'action ? Imaginez que vous devez emmener vos enfants à un cours de musique tous les mercredis après-midi. Vous pourriez très bien remplacer cette phrase par : 'J'attache de l'importance au développement et au plaisir de mes enfants. Je veux donc les emmener au cours de musique tous les mercredis.'

Cela vous semble toujours compliqué ? Dans ce cas, il vaut peut-être mieux prendre le temps de réfléchir à l'action que vous devez entreprendre. « Est-ce que cela va vraiment vous servir dans votre vie ? Ou pouvez-vous trouver un autre moyen de satisfaire le besoin sous-jacent, tout en remplaçant devoir par vouloir ? », illustre Els. Un exercice intéressant, si vous voulez notre avis !